Justine Le Quilliec, la Finistérienne, brise ses barrières auto-imposées liées à son physique

Justine Le Quilliec, la Finistérienne, brise ses barrières auto-imposées liées à son physique

Elle mesure 1m55, a des tatouages plein les bras et un sourire qui ne trompe pas. Justine Le Quilliec, 27 ans, n’a jamais correspondu aux standards des concours de beauté classiques. Et pourtant, elle enchaîne les écharpes et les couronnes. Cette Finistérienne, installée à Plourin-lès-Morlaix depuis avril, s’apprête à participer à l’élection Miss Small Beauty Bretagne le 5 septembre 2026 à Montfort-sur-Meu, en Ille-et-Vilaine.

« Je suis nature peinture, sans filtre », plaisante-t-elle. Une philosophie de vie qui lui a permis de dépasser des années de complexes et de harcèlement scolaire. Son parcours force le respect. Dépasser les barrières auto-imposées, reconstruire son estime de soi, s’affirmer dans un monde où l’apparence dicte souvent sa loi : voilà son combat.

Le harcèlement scolaire, une blessure qui a forgé sa résilience

De la 6e à la 4e, Justine a subi un harcèlement scolaire quotidien. « Je n’étais pas l’enfant idéal. Que ce soit à l’école ou dans ma famille, j’étais clairement perçue comme le vilain petit canard », confie-t-elle. À l’époque, elle se décrivait comme « la nana perchée, qui ne comprenait rien ». Une période douloureuse qui a profondément impacté sa confiance en elle.

Ce n’est qu’à 22 ans qu’elle a posé des mots sur son mal-être. Le diagnostic tombe : TDAH, trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité. « Mes parents refusaient de le concevoir », se souvient-elle. Cette révélation tardive a tout changé. Elle a enfin compris pourquoi elle se sentait différente depuis toujours.

Ce passé douloureux aurait pu la briser. Il l’a au contraire rendue plus forte. Aujourd’hui, elle a choisi la lutte contre le harcèlement comme cause officielle dans les concours. « C’est une revanche sur la vie », glisse-t-elle. Une manière de transformer sa blessure en force et d’aider celles qui traversent ce qu’elle a vécu.

Miss Small Beauty : un concours où la taille ne fait pas tout

Née en 2017, la compétition Miss Small Beauty s’adresse aux femmes de moins d’1m70. Percées, mariées, mères de famille, différentes morphologies : tout le monde a sa place. « Quel que soit leur poids, leur morphologie », insiste la Bretonne. Une approche radicalement différente des concours traditionnels.

Car Justine Le Quilliec ne remplit pas les critères de Miss France. Peu importe. Elle a trouvé un espace où l’on valorise autre chose que la simple apparence. Une bouffée d’air frais dans un univers souvent critiqué pour son uniformité. Cette compétition célèbre la diversité et l’acceptation de soi.

La jeune femme a déjà rencontré les dix autres prétendantes lors d’une première réunion le 30 mai. « On est toutes devenues amies, se réjouit-elle. L’ambiance est très saine. Notre déléguée fait attention à ce qu’il n’y ait pas de méchancetés ». Entre les répétitions de chorégraphies et les tests de culture générale, les liens se sont tissés.

Le parcours inspirant de Justine Le Quilliec dans les concours de beauté alternatifs

Tout a commencé au McDonald’s. « J’y ai bossé pendant une partie de mes études. Là-bas, j’ai rencontré une fille avec qui je m’entendais super bien. Elle m’a parlé d’une amie qui avait créé un petit comité de miss et qui cherchait des candidates pour la Bretagne, avec zéro critères. Je me suis dit : pourquoi pas. »

Bingo. En 2021, à seulement 21 ans, elle est élue Miss Modèle de l’Égalité Bretagne à Quimperlé. Une consécration face à six autres candidates. « Une très bonne expérience », se rappelle-t-elle. Trois ans plus tard, elle récidive et devient première dauphine au concours Ambassadrice Bretagne. Les portes s’ouvrent une à une.

Chaque concours l’a aidée à grandir. Sur le plan personnel d’abord. Sur le plan personnel ensuite. Elle a appris à dépasser ses complexes et à s’accepter telle qu’elle est. Les barrières auto-imposées liées à son physique se sont peu à peu effacées, remplacées par une nouvelle assurance.

Un discours engagé contre le harcèlement et pour l’acceptation de soi

Pour cette élection, les candidates défendent chacune une cause. Endométriose, bien-être animal, sclérose en plaques, anxiété, défense des femmes battues, harcèlement scolaire. Justine, elle, a choisi de parler de ce qu’elle connaît le mieux : le harcèlement dont elle a été victime durant son enfance.

Le thème du championnat 2026 ? Le cinéma. Les candidates défileront sur les bandes originales de films et devront répondre spontanément à une question du jury. Un exercice qui demande du sang-froid. « Je connais la pression, assure-t-elle. Là, j’y vais pour tout donner. J’ai hâte ! »

  • 📏 1m55 : sa taille, loin des standards habituels des concours de beauté
  • 💪 27 ans : l’âge de la maturité et de l’affirmation de soi
  • 🏆 2021 : élection Miss Modèle de l’Égalité Bretagne à Quimperlé
  • 🎀 2024 : première dauphine Ambassadrice Bretagne
  • 💬 5 septembre 2026 : élection Miss Small Beauty Bretagne à Montfort-sur-Meu

La préparation d’une candidate déterminée

En attendant le jour J, Justine révise « les chorégraphies, la manière de défiler et le discours dès que j’ai du temps libre ». Sa vie quotidienne de coordinatrice qualité logistique n’est pas de tout repos. Il faut trouver le bon équilibre entre le travail, les entraînements et la vie personnelle. Elle aime le CrossFit et l’équitation, deux activités qui la reconnectent à son corps, mais différemment. Plus dans le respect de ses capacités que dans la quête d’un idéal impossible.

Sa préparation ne se limite pas à la technique. Elle travaille aussi son mental. « Je m’imposais des barrières de par le fait que je n’étais pas toute fine et que je ne répondais pas aux standards de beauté », reconnaît-elle. Ces temps sont révolus. La confiance en soi se travaille comme un muscle, et la sienne est désormais solide.

Le soutien de son entourage compte énormément. Ses proches l’encouragent, la portent. Son réseau d’amis issus des précédents concours aussi. « Petit à petit, j’ai découvert qu’il existait énormément de compétitions sans critères. Je suis entrée dedans sans jamais en ressortir. » Une communauté bienveillante qui l’aide à garder le cap.

De la souffrance à l’espoir : un message pour les jeunes filles

À quelques semaines de l’élection, la Finistérienne reste « positive » et « sereine ». Elle sait qu’elle a déjà gagné quelque chose d’important : la paix avec elle-même. « À 15 ans, je me disais que ça ne valait même pas la peine d’entrer un jour dans le monde de la mode car j’étais loin de coller aux clichés. »

Aujourd’hui, elle veut montrer un autre chemin. « Alors si cela peut donner envie aux petites filles, sachez que les portes sont grandes ouvertes ! » Son histoire démontre qu’il ne faut jamais se fier aux apparences. La beauté n’est pas une taille, un poids ou une norme. La beauté, c’est surtout une attitude, un regard sur soi et sur les autres.

L’élection Miss Small Beauty France se tiendra au début de l’année 2027. D’ici là, Justine Le Quilliec savoure chaque étape de son parcours. « Nous formons une bonne promotion. Il y en a beaucoup qui méritent la couronne », assure-t-elle avec la générosité de celles qui ont compris que la réussite se partage.

Son histoire résonne comme un écho à toutes celles qui doutent encore. Elle prouve que l’estime de soi se reconstruit, que l’image corporelle n’est pas une fatalité et que l’affirmation de soi ouvre des portes insoupçonnées. Son développement personnel est en marche, et il est contagieux. À Plourin-lès-Morlaix comme ailleurs, Justine inspire une nouvelle génération de femmes qui refusent de se laisser définir par leur physique.

Laisser un commentaire

Prouvez que vous êtes humain : 9   +   4   =