Que diriez-vous d’une escapade culturelle à travers l’Europe cet été ? Les musées rivalisent d’audace avec des rétrospectives majeures et des installations artistiques qui marquent les esprits. Des robes en homard imaginées par Elsa Schiaparelli aux lits en désordre de Tracey Emin, la scène artistique européenne n’a jamais été aussi vibrante. Voici une sélection des expositions incontournables à voir absolument.
L’été 2026 s’annonce riche en découvertes pour les amoureux de l’art. Les grandes capitales et les villes plus discrètes accueillent des événements artistiques d’une intensité rare. Rétrospectives historiques, créations audacieuses ou dialogues inattendus entre artistes : il y en a pour tous les regards.
Les expositions incontournables de la mode et de l’art contemporain à Londres
Londres confirme son statut de capitale culturelle avec deux propositions fortes et radicalement différentes. Au V&A, la mode devient un terrain de jeu surréaliste tandis qu’à la Tate Modern, l’intime se dévoile sans filtre.
Schiaparelli, la mode comme art surréaliste
Le V&A de South Kensington consacre enfin une grande rétrospective à Elsa Schiaparelli, cette visionnaire italienne qui a bouleversé la haute couture dès les années 1920. Colliers ras-du-cou en forme de pomme de pin, chapeaux-chaussures, robes en homard : chaque pièce raconte une histoire, souvent née d’une collaboration avec des artistes comme Salvador Dalí ou Jean Cocteau.
L’exposition intitulée « Schiaparelli: Fashion Becomes Art » fait dialoguer les créations historiques avec les collections contemporaines. Le parcours montre comment cette créatrice hors normes a transformé les vêtements en véritables installations artistiques, influençant des générations entières de couturiers. Du 8 novembre 2026 au V&A, à ne pas manquer.
Tracey Emin ou l’art de la vulnérabilité
À la Tate Modern, Tracey Emin expose ses œuvres les plus personnelles. L’artiste britannique, révélée dans les années 1990 avec son lit défait et ses draps tachés, continue de captiver par sa sincérité brute. L’exposition « A Second Life » réunit ses pièces emblématiques comme des dessins au néon et des installations plus récentes, jamais montrées au public.
les lits en désordre de Tracey Emin racontent la fragilité humaine avec une poésie inattendue. Chaque objet semble chargé d’émotions, chaque trait de fusain révèle une blessure intime. Cette rétrospective, visible jusqu’au 31 août, offre une plongée bouleversante dans l’univers d’une artiste majeure de l’art contemporain britannique.
La scène artistique nordique et allemande, entre héritage et modernité
Plus au nord, les musées d’Oslo, de Hambourg et de Copenhague proposent des regards croisés sur des maîtres de l’émotion. Edvard Munch se dévoile sous un angle inédit, tandis que Lucian Freud interroge la figure humaine.
Edvard Munch et ses portraits pour une chocolaterie
L’exposition du MUNCH à Oslo explore une facette méconnue du peintre norvégien. En 1923, Edvard Munch devient le premier artiste à décorer une usine, celle de la célèbre marque de chocolat Freia. Ses portraits vibrants des ouvrières, majoritaires dans l’usine, saisissent les bouleversements sociaux de l’époque. La scénographie mêle archives, photographies et documents sonores pour restituer ce contexte économique et humain étonnant.
Ces œuvres peu connues, éloignées des angoisses existentielles du Cri, montrent un Munch lumineux et attentif aux autres. Une manière de redécouvrir un artiste trop souvent réduit à son iconique tableau. L’exposition « Edvard Munch and the Chocolate Factory » est à voir jusqu’au 11 octobre.
Munch et Maria Lassnig, un dialogue inattendu à Hambourg
La Hamburger Kunsthalle propose un face-à-face entre Edvard Munch et Maria Lassnig. Séparées par un demi-siècle, leurs œuvres explorent la traduction des émotions en formes abstraites. Près de 200 peintures, sculptures et films tissent des parallèles fascinants entre les deux artistes. La célèbre Madonna de Munch côtoie les autoportraits saisissants de Lassnig, pour une expérience visuelle et psychologique intense.
Cette exposition, visible jusqu’au 30 août, démontre que la culture européenne se construit aussi dans ces dialogues inattendus entre générations. Les scènes artistiques autrichienne et norvégienne se répondent et s’enrichissent mutuellement.
Quand l’art contemporain défie les corps : Marina Abramović à Berlin
Le Gropius Bau de Berlin accueille une performance de Marina Abramović, figure légendaire de l’art corporel. « Balkan Erotic Epic » est une œuvre totale, portée par plus de 70 interprètes, qui puise dans les racines slaves de l’artiste. Spiritualité, sensualité et douleur se mêlent dans une mise en scène aussi troublante que fascinante.
Cette exposition-performance, visible jusqu’au 30 août, offre l’une de ces expériences qui marquent une vie de spectateur. Marina Abramović, habituée à repousser ses propres limites, embarque le public dans une catharsis collective. Les installations artistiques de cette ampleur restent rares ; c’est une occasion unique de vivre l’art de façon intense.
Florence et Bilbao, entre abstraction et imagerie américaine
Rothko sous la lumière italienne
Le Palazzo Strozzi de Florence réunit plus de 70 œuvres de Mark Rothko, peintre majeur de l’abstraction. L’exposition « Rothko in Florence » révèle l’importance de la cité toscane dans sa carrière. L’architecture renaissance et l’atmosphère spirituelle de Florence ont imprégné ses toiles aux couleurs vibrantes, dont la dimension transcendante est ici magnifiée par un accrochage intelligent.
Commencée au début de sa carrière jusqu’à ses œuvres monumentales, cette rétrospective est l’une des plus impressionnantes jamais consacrées à l’artiste. Elle est visible jusqu’au 23 août. Un rendez-vous immanquable pour comprendre la profondeur des visions de Rothko et son lien intime avec la culture européenne.
Jasper Johns au Guggenheim Bilbao
Le Guggenheim Bilbao met à l’honneur Jasper Johns, figure pionnière de l’art contemporain américain. Ses cibles colorées et ses drapeaux, images familières transformées en motifs méditatifs, interrogent la perception du monde. La rétrospective, qui court jusqu’au 12 octobre, rassemble peintures et sculptures issues de collections privées.
Son travail, qui a influencé de nombreux mouvements artistiques, résonne fortement avec les galeries d’art européennes actuelles. Un bel exemple de la manière dont les imageries nationales deviennent un langage universel.
Nos autres coups de cœur en Europe
Il reste encore tant à découvrir ! Pour ceux qui cherchent encore plus d’inspiration, voici une sélection d’expositions incontournables à travers l'Europe. La liste met en avant la richesse et la diversité des scènes artistiques du continent.
- 🦞 Robes en homard et autres créations de Schiaparelli à Londres, jusqu’en novembre.
- 🛏️ Les lits en désordre de Tracey Emin à la Tate Modern, à voir jusqu’à la fin août.
- 🍫 Les portraits ouvriers d’Edvard Munch au MUNCH d’Oslo, jusqu’en octobre.
- 🎭 La performance immersive de Marina Abramović au Gropius Bau, à Berlin.
- 🎨 Les toiles vibrantes de Rothko au Palazzo Strozzi, à Florence.
- 🖌️ Le dialogue d’abstraction entre Munch et Lassnig à Hambourg.
- 🖼️ Les dessins inédits de Lucian Freud au Louisiana Museum au Danemark, jusqu’en septembre.
Que vous soyez attiré par la mode surréaliste, l’art brut et émotionnel ou les grandes fresques abstraites, les événements artistiques de 2026 promettent une rentrée culturelle intense. La culture européenne, riche de ses contrastes et de sa créativité, se vit avant tout dans ces salles d’exposition, où chaque œuvre invite à ralentir et à ressentir.

Léa dirige la rédaction d’un magazine beauté indépendant à Paris. Elle teste chaque routine six semaines avant d’en parler, chine des magazines vintage et écrit sur la mode comme on raconte une vie.